MOTIVATION VS DISCIPLINE
Quand je parle de sport avec des amis qui n’ont pas l'habitude d’en faire autant que moi et qu’ils découvrent la fréquence à laquelle je m’entraîne, à savoir 5 fois par semaine en moyenne, j’ai souvent droit à la réponse classique: « Oh, t’es motivé ».
Spoiler alert: non.
« LÀ JE SUIS CHAUD »
C’est la phrase qu’on dit quand on va commencer un truc pour lequel on est super motivé.
La motivation, c’est ce qui fait commencer quelque chose, souvent de nouveau, souvent parce qu’il y a un objectif. Par exemple, j’ai commencé le sport parce que je voulais maigrir ou me renforcer en muscles. Alors oui, dans les premiers temps, on a de la motivation à revendre. On a un but, un objectif en ligne de mire qui nous pousse à nous bouger, à aller s’entrainer, à bien manger, à bien récupérer etc.. Ces élans de motivation sont orchestrés par la dopamine: chaque fois qu'on s'adonne à une activité que le cerveau juge essentielle, une explosion de dopamine vient renforcer l'envie de recommencer. Du coup, comme l’être humain est une machine bien huilée: on recommence.
Tout ça, c’est dans les premiers temps. Mais qu’est ce qu’il se passe une fois qu’on a atteint nos objectifs? Une fois qu’on a maigri, pris du muscle, qu’on peut flex l’été sur la plage avec nos gros bibis? Soit on a de nouveaux objectifs qui se mettent en place, que ce soit passer des mouvements complexes de gymnastique, tirer des barres d’haltero plus lourdes, avoir un meilleur Crossfit général et commencer à faire quelques compétitions, soit on on a pas besoin de ça et on continue quand même de s’entrainer. Et une fois que les cibles sont atteintes et qu’elles nous servent plus de motivation, cette dernière laisse place à un skill plus rare que ce qu’on pense: la discipline.
MIKE LE SAGE
À mon sens, la meilleure définition de la discipline sort de la bouche de Mike Tyson: « La discipline, c’est faire quelque chose que tu détestes mais le faire comme si tu l’adorais ». Bang bang, mic drop, le mec a pris des parpaings du droit toute sa vie mais sort des meilleures phases que Travis Scott. Et il a raison.
Qu’on soit clair tout de suite: AUCUN sportif ne prend du plaisir dans 100% de ses entrainements. Ça n’existe pas. Paradoxalement, on fait pas ça pour le plaisir. Du moins, pas pour le plaisir immédiat. Le plaisir vient plus tard, après, quand on sait qu’on a fait une bonne séance ou qu’on remarque qu’on a progressé sur tel ou tel mouvement ou qu’on atteint nos buts. Mais à part ce plaisir là, il n’en existe pas d’autres. Je ne connais aucun crossfiteur qui a pris du plaisir à faire des burpees ou des thrusters un mardi soir après une journée de merde au bureau.
Ni aucun autre athlète quel qu’il soit: je ne pense pas que Tyson se soit dit « HALLELUJAH QUEL KIF » à chaque fois qu’il s’est tapé 20min de corde à sauter le matin, ni que Phelps se soit dit « MAIS J’ADORE REGARDEZ QUEL DAUPHIN FAIS-JE! » en mettant son bonnet avant de sauter dans le bassin. Pourtant, ils ont fait ça tous les jours pendant 20 ans, sans prendre aucun plaisir.
D’ailleurs, les jours où j’ai ZÉRO envie de woder et que je me force un peu quand même, quand je sais que je ne vais pas mettre trop d’intensité, que je vais juste bouger pour bouger, je dis toujours à haute voix avant que le chrono démarre « SPORT PLAISIR » . Ça me rappelle qu’il faut que j’essaye d’en prendre un peu alors que je m’apprête à faire quelque chose que j’ai pas envie de faire mais que je sais bénéfique pour moi, ma santé et mon esprit. Et on appelle ça: la discipline.
Si vous voulez faire du sport et vous y tenir, préparez vous à devoir être discipliné, ne comptez pas sur la motivation pour vous bouger: elle sera là qu’un lundi sur deux et s’en ira au moindre petit pet de travers, style l’imprimante qui se met en bourrage papier.
Quand vous voulez quelque chose, la discipline est la voie la plus sûre et la plus rapide vers vos buts. C’est la forme la plus pure d’amour propre, c’est ignorer ce que vous voulez aujourd’hui pour atteindre ce que vous voulez vraiment plus tard. La discipline révèle le niveau d’engagement que vous avez pour vos rêves, surtout les jours où vous n’avez pas envie de faire ce qu’il faut. Le vous du futur compte sur le vous d’aujourd’hui pour tenir les promesses que le vous d’hier vous a fait.